Les honoraires

Il y a beaucoup d'idées reçues sur les honoraires des avocats. Que les avocats sont bien entretenus ! C'est quand même une profession d'apparence. Les avocats sont très riches, ils sont super bien payés, ils vivent très bien.

Il y a beaucoup d’idées reçues sur les honoraires des avocats. Que les avocats sont bien entretenus ! C’est quand même une profession d’apparence. Les avocats sont très riches, ils sont super bien payés, ils vivent très bien.

On va être honnête, ils ne sont pas au SMIC ! Mais il faut savoir aussi qu’en début d’exercice de la profession, je parle bien du tout début de l’exercice de la profession, on ne roule pas sur l’or. Je sais que moi quand j’ai débuté en tant que jeune avocate, j’avais tendance à être un peu frustré en me disant, moi j’ai fait 8 ans d’études et c’est tout ce que je touche au début, je ne suis pas d’accord, ce n’est pas normal !

Ce qu’il faut savoir c’est que quand on est avocat, et qu’on vient de prêter serment, puis qu’on vient se présenter sur le marché de l’emploi, il est quasiment proposé à tous les jeunes avocats ce qu’on appelle un contrat de collaboration libéral.

Le contrat de collaboration libérale veut dire qu’on va nous donner une rétrocession d’honoraires pour traiter les dossiers du cabinet qui nous emploie tout en nous laissant la possibilité de développer à côté notre clientèle personnelle. Donc éventuellement soit on peut s’associer, soit on peut s’installer.

Quand on est collaborateur libéral, et ça vous devez le savoir, c’est que la rétrocession d’honoraires nous est donnée brute. C’est à nous de provisionner ce que nous devons payer en termes de cotisation sociale. En général au moins 40 %.

Je vous explique. En fonction de la taille des villes et des barreaux, si vous êtes à temps complet ou à temps partiel, vous recevrez une rétrocession d’honoraires. Il faudra penser systématiquement à mettre 40 % de côté pour payer vos appels à cotisations sociales qui sont énormes.

Personnellement on me l’avait dit à l’école, je l’avais vite fait vu. Mais c’est quand je suis rentrée dans l’exercice de la profession que je me suis dit « waouh les premières années seront difficiles ! ».

Par contre les premières années, c’est vrai que l’on bénéficie d’exonération parce qu’on vient de débuter et que l’État estime que l’on ne va pas de suite saler la facture. Au bout de 2 ans nous n’avons plus le statut de jeune avocat. Je peux vous assurer que ce n’est pas quelque chose d’évident. Mais j’insiste quand même dessus, au début c’est difficile on ne va pas se mentir, on ne va pas se voiler la face.

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Source image : Tenor

Ne rêvez pas, les 1ères années ne ressembleront pas ça

On est facturé soit au temps passé, soit on est facturé sur un honoraire forfaitaire. Là aussi c’est difficile de trouver un équilibre. On ne sait pas trop comment facturer, on ne sait pas trop ce qu’il faut faire.

Ce que nous rétribue l’État au titre de l’aide juridictionnelle, par rapport au travail qu’on abat, franchement ce n’est pas non plus conséquent. Disons que c’est juste ce qu’il faut.

On facture aussi en fonction du client : si on a un client qui est plus ou moins dans le besoin on ne va pas le facturer comme un client fortuné.

On facture aussi en fonction de la difficulté du problème qui nous est posé. Il faut trouver un arbitrage juste.

Pour ma part je dois avouer que je privilégie les honoraires forfaitaires parce que c’est beaucoup plus clair. Sachant que la convention d’honoraires est désormais obligatoire : dans la convention d’honoraires on détaille tout ce qu’on va faire, tous les services que l’on va effectuer pour le client à travers la mission qui nous a confié.

Je vous avoue qu’un moment donné quand on vient de commencer, présenter sa facture ce n’est pas évident. Mais avec le temps, avec la difficulté on finit par y arriver.

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